La Fenêtre
Christian Rau


Des coups de colère,

des mots qui viennent,

des souvenirs

 des mots pour sourire parfois…

Humeurs, et  coups de colère !

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7 janvier 2015


Avec Charlie !

L'actualité dramatique me pousse à enfin recommencer à m'exprimer sur mon site perso après une longure parenthèse de silence. J'aime le silence pour la réflexion, mais je ne le supporte plus lorsque la liberté et la dignité humaines sont en péril. N'étant pas adepte de Facebook et autres réseaux dits "sociaux" qui véhiculent le meilleur comme le pire (trop souvent le pire !) je vais utiliser mes propres vecteurs de communication pour le faire : mon portail Netvibes (chrirau), mon blog "Le Ringard déchaîné", ce site, les courriels...


Je viens de rejoindre cet appel pour montrer aux terroristes et extrémistes de tous bords que

la société française restera unie face à la barbarie.

Soyons des milliers, (des millions !) à affirmer notre détermination !

https://secure.avaaz.org/fr/avec_charlie_4/?kPtoTab


Ce sera le meilleur hommage que nous puissions rendre à l'immense courage de nos dessinateurs et chroniqueurs sauvagement assassinés.

Les mots peuvent être forts, mais les dessins de presse sont encore plus indispensables dans ces circonstances !

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Pour une fois un coup de coeur pour cette analyse d'Anne Frémaux
dans le Monde du 5 avril sur la Crise éducative
(suivre le lien !)


mise à jour de la page : 7 avril 2010

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Développement durable, 
à toutes les sauces ... parfois indigestes !

De l'indigestion à la raison ?

Mon agacement va grandissant sur la mode du "Développement durable" dont se gargarisent un peu facilement nos décideurs.    Le "développement" me semble souvent trop lié à la notion de croissance, qui n'est pas vraiment compatible dans la durée avec la sauvegarde de notre planète bleue !

Il reste des sujets tabous, car complètement liés au  commerce.  je n'entends que trop rarement condamner la multiplication des 4x4, des piscines, des climatisations et des illuminations (plublicitaires ou festives) exagérées des villes. Ces exemples sont pourtant nocifs pour notre atmosphère, notre qualité de vie, nos réserves d'eau, d'énergie etc.  

L'un des derniers reportages de Yann Arthus Bertrand sur la planète en danger (fort beau et intéressant au demeurant !) s'est terminé par la présentation complètement ridicule ( à mon avis) de "la maison idéale". 

Au-delà d'indéniables caractéristiques favorables à notre envirinnement  (chauffe-eau solaire, pompe à chaleur, géothermie, puits de lumière pour limiter l'éclairage artificiel, plusieurs aspects essentiels avaient été négligés...

On nous montrait une villa sur un large terrain. 

Quel espace retera-t-il à la nature sauvage si tous les habitants de cette Terre acquièrent ce type de terrain ?. Quelles surfaces faut-il asphalter, bétonner pour installer ces lotissements et y accéder ?

La villa était un modèle d'isolation...

Ce qui veut dire qu'une aération mécanique était nécessaire en compensation (pas un mot là-dessus !). Elle était dans un lotissement visiblement éloigné de tout !

Aucun service ni commerce, pas de transports en commun : d'où la nécessité de recourir à la voiture pour  effectuer ses achats, se rendre au travail et mener les enfants à l'école. Bravo pour la pollution indirectement générée !  Pas de piste cyclable ni de chemin piétonnier en vue... 

On nous flattait les matériaux utilisés et... le chauffage au bois.  

Bravo encore pour la protection des forêts, sans compter les émanations de dioxine...

Oui aux poêles à granulés, non aux foyers ouverts régulièrement utilisés ! 

J'avais nettement l'impression que cette villa "modèle" était avant tout destinée à faire vendre des installations très à la mode, donc à faire tourner un certain type d'économie qui se développe hypocritement au nom de la sauvegarde de notre planète mais qui - vu d'un peu plus près - doit comme tout le reste constituer avant tout une jolie source de profit !!

J'ose espérer que cette villa témoin n'avait pas la prétention d'être classée "HQE", c'est à dire "Haute Qualité Environnementale"....

Il ne manquait plus qu'une piscine et un gros 4x4 garé devant pour compléter le tableau !

Les solutions ne manquent pourtant pas pour tenter de limiter les dégâts.  Le télé-travail ou les zones d'activités rapprochées, des commerces de base de proximité, les circuits courts (on peut acheter moins, mais mieux, donc pas forcément plus cher au total !  Des infrastructures scolaires facilement accessibles, des transports en commun attractifs, des pistes piétons-cycles (des vraies ! Pas les vulgaires "bandes cyclables" qui ne donnent pas du tout le sentiment de rouler en sécurité...   L'énergie solaire, géothermique, éolienne... Mais avant tout, ce qui est important, c'est notre façon de vivre et d'économiser réellement notre planète. Ce ne sont pas les logiques commerciales qui pourront nous sauver, sauf si celles-ci sont construites sur de réels soucis environnementaux.  Les choix politiques - pour lesquels nous avons encore un peu de pouvoir - sont décisifs

Personnellement, je condamnerais franchement tous les transports aériens n'ayant pas de nécessité humaine, culturelle, éducative, ou d'approvisionnement.  Combien de millions de personnes sont transportées chaque année pour simplement "supporter" (quand cela ne tourne pas mal...) des équipes sportives dans des pays lointains qu'elles ne prennent même pas le temps de découvrir...  Il n'y a qu'à voir le boom du transport aérien pour comprendre que la Terre continue d'être agressée par des habitudes de transports complètement déphasées.  Le tourisme dit "écologique" prend ici tout son sens. C'est avoir la vue vraiment courte que d'aller passer ses vacances sur les îles lointaines (à moins d'en être natif, ce qui est tout autre-chose...) juste pour se baigner et se dorer sous les palmiers en ignorant souvent complètement les autochtones, leur culture, leurs traditions...  

Je condamne aussi les illuminations intempestives des villes à l'approche de Noël.  Ne pourrait-on pas au moins se limiter aux quinze jours précédant cette fête et aux quinze jours qui la suivent ? Cela ferait un mois au lieu de deux (ou deux mois et demi parfois !) et ce serait plus que suffisant...

Je condamne enfin - pour me limiter à ces trois points - le gâchis des publicités en grand nombre sur papier, qui n'ont quasiment plus raison d'être à l'êre d'internet et des affichages électroniques, et qui continuent d'envahir nos boîtes aux lettres, constituant l'essentiel de l'acheminement des services postaux ! Ceci concerne hélas également les organismes de dons...

Que la recherche technologique permette de consommer de moins en moins pour une utilisation définie (ampoule, véhicule...) c'est très bien, mais si le résultat est que l'on consomme de plus en plus ces produits,  le résultat ne va sûrement pas dans le bon sens !

Quand je vois le nombre d'appareils qui doivent rester en veille à longueur de temps, ou l'achat de plus en plus courant de systèmes de climatisation (un nouveau marché bien lucratif qui aggrave encore le réchauffement de la planète...  je n'ai pas vraiment l'impression que ça aille dans le bon sens !

Se donner bonne conscience en utilisant les produits de "basse consommation" me semble être la tendance générale, souvent traduite en discours d'autosatisfaction par les politiques...   Si la prise de conscience se fait enfin, cela ne suffit pas, car on se réfugie trop souvent derrière les "il n'y a qu'à"... ou "les autres" en se gardant bien de l'autocritique et de l'autoquestionnement...

Qu'on ne me reproche pas d'être contre le modernisme. Être moderne, c'est aussi et surtout savoir utiliser intelligemment les progrès merveilleux qui contribueront à sauvegarder notre planète le plus longtemps possible, et savoir vivre plus modestement en apprenant à se passer du superflu.

Ce n'est pas consommer plus, mais vivre mieux, en mesurant l'impact de nos choix. C'est apprendre à savourer toutes les petites choses, et ne pas prendre des risques pour satisfaire des plaisirs égoïstes et éphémères... mais je m'égare à rêver d'une société idéale. 

Et pourquoi pas ? 

Rassurez-vous, j'ai moi aussi un langage "Edudation à l'environnement" qui s'inscrit bien dans les missions éducatives de l'école. La prise de conscience est nécessaire, et sûrement insuffisante dans les familles... Mais cela ne m'empêche pas - comme beaucoup d'entre-vous je l'espère - de me poser toutes ces questions !

Christian Rau,     Août 2007

(petite mise à jour 12/2014...)

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Novembre-décembre 2006

Ras le bol
de la culture poubelle et de la destruction des cerveaux !

ou

"pour un retour de la passion d'apprendre"

ou
Culture et éducation : contre la destruction programmée des cerveaux

 

Quand l'Education nationale abordera-t-elle ce sujet tabou ?

Ras le bol de la déformation programmée des jeunes, obéissant à une logique commerciale tout à fait irresponsable !

Il ne suffit pas de faire des leçons de morale aux enfants. 

Après ce qu'ils ont vu chaque jour sur le petit écran de la télé ou de leur ordinateur, que valent nos mots? 

Que vaut une intervention de quelques minutes dans un cours d’éducation civique, face à des heures de conditionnement totalement subi ?

De Skyrock aux skyblogs, des sites violents ou pornos regardés parfois en famille (!!!), des "Star Academy" aux autres "Iles de la tentation", les soi-disant "valeurs" actuelles sont basées sur l'égoïsme, l'argent facile, la délation, la moquerie, l'irrespect, la loi du plus fort, l'abrutissement par des jeux vidéo totalement irresponsables, des vidéo-gags d'un goût plus que douteux, voire écoeurant !

Au nom de la liberté de création et de la libre entreprise, faut-il donc laisser s'insinuer dès le plus jeune âge dans les cerveaux toutes ces contre-valeurs, sous le prétexte que la distraction ne peut vraiment se faire que par ce biais ??

On connaît le nom et la vie des stars les plus perverses, mais on se moque totalement d'ignorer que c'est la Lune qui tourne autour de la Terre, et non le Soleil (cf. "Qui veut gagner des millions ?"...). C'est un retour affligeant vers l'obscurantisme, la porte ouverte aux sectes et extrémismes de tous ordres..

Appréciant les vrais progrès techniques (et non leurs dérives faciles et néfastes),  je pense qu'on peut guider plus intelligemment les élèves (les jeunes en général, et peut-être aussi leurs parents) dans le sens initial du mot pédagogie,  vers des occupations plus positives. Les émissions intéressantes ne manquent pas. Thalassa, Vu du ciel de Yann Arthus Bertrand… pour ne donner que deux exemples parmi tant d’autres, constituent des documentaires de qualité, qui incitent à la réflexion sur notre environnement et nos façons de vivre… Mais face au déferlement médiatique des émissions « à grande écoute », l’enfant est-il à même de les choisir si l’on ne le guide pas ?

Alors, que faire ?

Je souhaite qu'on cesse de baisser les bras face à la médiocrité, et que l’on combatte enfin la liberté de créer n'importe quoi. Je réclame l’exigence d'une éthique dans tous les secteurs de l'entreprise dite "culturelle", (médias, créateurs de jeux vidéo, de jeux télévisés etc.

On pourrait juridiquement interdire (j'entends déjà des cris d'effroi des « soixante-huitards » attardés…) la télé-réalité telle qu'elle est conçue jusqu'à présent, qui ne porte aucune des valeurs (respect des autres, curiosité intellectuelle...) que nous aimerions défendre.

 

Il n'est peut-être pas bon d'interdire, soit, mais il serait sûrement judicieux de règlementer avant qu'il ne soit trop tard. J'ai bien conscience que mon discours paraît un peu dépassé, mais je suis tout à fait persuadé être dans le vif du sujet, et lancer ici un débat qui devrait absolument aboutir à une prise de conscience d'un problème dont la solution ne peut être trouvée dans la seule Education nationale qui se voile constamment les yeux devant cette triste et décourageante REALITE. Quelle que soit la méthode à adopter, il faudra un jour ou l'autre qu'une Education nationale digne de ce nom ait son mot à dire et agisse en ce sens, pour soutenir activement la nécessaire implication de toute la communauté éducative. C'est tellement facile, réforme après réforme, de se lamenter sur des résultats qui ne dépendent pas que d'elle, et de réclamer que l'école passe son temps à réparer les pots cassés !!

 

Face à cette montée de la facilité, de la compétition malsaine, de la culture sous la ceinture, de l'irrespect et de la violence banalisée, je propose la création dans le cadre même du Ministère de l'Education Nationale, d'un comité de surveillance et de liaison avec toutes les entreprises culturelles.

Le socle commun de connaissances est une initiative louable, mais insuffisante face aux manipulations mentales organisées par cette culture sans éthique,  commerciale, et irresponsable.

L'école doit arrêter de subir et de guérir les maux fabriqués sciemment par la société.

Il serait bon de transmettre des passions, de réelles envies de découvrir et d'apprendre. Dans ce fabuleux monde d'images, les possibilités ne manquent pas, qui pourraient aider les enseignants à reprendre une confiance en leur mission qui s'étiole de jour en jour.

C'est justement ce que je m'efforce de faire au quotidien en qualité d'enseignant documentaliste dans mon CDI du Collège Chartreuse (voir le site) en tentant de guider les élèves vers des sites susceptibles de les intéresser... et de leur apporter repères et culture. Un travail de longue haleine, et parfois décourageant (lorsqu’on observe des attitudes blasées…), quand on sait à quel point et sur quelle durée les contre-valeurs que je dénonce font leur chemin dans la majorité des cerveaux...

A ceux et celles qui reprochent à l’école de ne pas suffisamment former à l’esprit critique, je rétorquerai qu’il est bien sûr souhaitable de laisser s'exprimer les élèves quand le contexte le permet (nous le faisons à chaque fois que cela est possible, je pense), mais ça ne suffit pas, face à la gigantesque armada (extérieure à l'école !) de robotisation des cerveaux, contre laquelle nous n'avons le droit de ne rien dire.

Exprimer des idées en classe demande aussi et d'abord un minimum de repères culturels et de connaissances.

Les enseignants sont nombreux à demander aux élèves de s'exprimer, mais les rares élèves à y parvenir correctement sont justement ceux qui ne sont pas noyés et abandonnés dans cette soi-disant culture des jeux vidéo et de la télé-réalité.

Regardons la réalité en face, comme nous y sommes confrontés quotidiennement dans les collèges, et n'inversons pas les problèmes !

Le jour où tout le corps enseignant sera complètement découragé, il sera trop tard... 

 

Si vous partagez avec moi cette préoccupation qui me semble essentielle,
merci de la faire connaître, de la diffuser au besoin,
de l'appuyer dans des forums, sur des blogs de présidentiables, etc…

Une contribution intéressante de dernière minute :
L'hebdomadaire La Vie (N°3202 du 11 janvier 2007) consacre son dossier
à la violence (cinéma, télé, internet et jeux vidéo) qui assaille et conditionne les jeunes. Dominique Voynet, Ségolène Royal et Alain Bayrou donnent leur réponse...
couverture de l'hebdomadaire La Vie 3202

Voir plus loin (cliquer ici) mes propos plus anciens...


Christian Rau, du 29 novembre au 31 décembre 2006
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Décembre 2005 (à propos d’une publicité trouvée dans un magazine hebdomadaire)

 

Les voyages forment la jeunesse…

 

Forment ? ou déforme(ro)nt ?

 

La question va rapidement se poser lorsque les publicités de ce type auront fait de nouvelles victimes !

Alors que nous essayons dans les collèges d’apprendre à voir, à lire les images, à lire des paysages, d’autres ne pensent pour se faire du fric  et à transformer nos chères « têtes blondes » en robots dociles, obéissant non plus au doigt et à l’œil, mais à la publicité et au « dieu Ecran »,  en tentant par dessus le marché (je choisis mes mots !) de donner bonne conscience aux parents qui se laisseront abuser.

Je vous laisse juger par vous même… (N’oubliez-pas de lire le texte extrait de cette publicité !)

 

 

 

Conclusion :

pourquoi encore voyager quand on peut si « bien » découvrir le monde sur son (petit) écran ?

 

 

Etats d’âme…

 

dimanche 29 mai 2005 : ce soir, je suis profondément triste pour l’Europe et pour les perspectives de la démocratie…

Peut-être me suis-je trompé, mais je crains bien que non…

L’optimisme reviendra, mais quand ?

 

Fin décembre 2005, il faut encore y croire, mais l’Europe (ou l’idée européenne) se porte plutôt mal. La dictature des affaires se développe, sans rencontrer une opposition qui aurait pu s’organiser avec les nouveaux moyens proposés par la défunte constitution. Pour avoir voulu rejeter le mauvais comme le bon, nous avons gardé le mauvais, mais nous n’avons pas encore le bon !   cqfd

 

Pourquoi j’ai voté oui au referendum : voir texte ci-dessous !

Du non au oui !

 

Comme beaucoup de français, j’ai d’abord réagi négativement à l’annonce du référendum pour l’adoption du traité établissant une constitution pour l’Europe.

Je pensais à Giscard, aux râtés de l’Europe, au chômage et aux délocalisations… probablement influencé par une mise en scène assez primaire – relayée et amplifiée par les médias – du mécontentement général, face à l’un des gouvernements les plus maladroits (pour ne pas dire les plus nuls !) que nous ayons connus.

 

La lecture un peu plus attentive d’un certain nombre d’articles – particulièrement des première et deuxième parties – a commencé à faire vaciller ce rejet – un peu primaire, il faut bien l’avouer – et à me faire douter. Les avancées en matière de droits sociaux et humains n’y manquent pas !

A suivi une phase de funambulisme, comme les sondages, sur la fil des 50%-50%.

Devais-je voter blanc ?

Mettre un oui et un non dans l’enveloppe ? Un oui pour la construction européenne à laquelle j’ai toujours cru, et un non à la troisième partie : ce libéralisme économique inhumain qui semble vouloir tout régir ?

Les commentaires de chaque côté m’ont longtemps semblé excessifs dans le rejet comme dans l’optimisme béat, et je pense que seul l’avenir sera vraiment juge du «qui avait raison ? ».

Tout texte est sujet à interprétation, et toute interprétation repose pour une bonne part sur la subjectivité. Pas assez de temps pour décortiquer un par un les articles. Il faut donc bien se fier aux commentaires plus ou moins éclairés de nos meilleurs politiciens. Certes, pas ceux qui dramatisent tout à outrance, partisans du oui comme du non, mais ceux qui , dans l’éclairage de l’histoire, dans la hiérarchie des valeurs, dans la raison et la responsabilité des propos, savent trouver des arguments justes et incontestables.

 

Fin avril, contournant l’agglomération strasbourgeoise, en route vers l’Allemagne, un panneau retient brusquement mon attention : -> Parlement européen.

Ce simple panneau a agi dans ma tête comme un déclencheur. Quoi ? La France, qui a la chance d’héberger le Parlement européen, qui a œuvré pour le mériter, pour le conserver… cette même France voterait non au projet d’établissement d’une constitution européenne ? Cela m’est apparu comme tout à fait impensable et dramatique. Cela m’a incité à me pencher davantage sur le texte, et à écouter plus attentivement les tenants du non comme ceux du oui.

Et là, la réalité s’est présentée toute crue, dans toute son évidence.

 

Voter non, c’est montrer une volonté de renégocier.  Soit.

Mais renégocier quoi ? Avec qui ?

Nous ne pouvons plus renégocier le libéralisme dans lequel nous sommes bel et bien entrés depuis longtemps, nous devrons par contre l’aménager, lui apporter des contre-pouvoirs européens, et cela ne pourra que mieux se faire dans le cadre d’une Europe dotée de cette constitution.

Négocier avec qui ? J’imagine mal un concensus  Fabius – Besancenot – Le Pen – De Villiers – Buffet. Il ne suffit pas de faire du populisme à la De Villiers, défendant brusquement les fonctionnaires (étonnant de sa part !) pour les récupérer électoralement… Les raisons du refus sont souvent diamétralement opposées. 

Mais on ne peut pas renégocier non plus à un seul pays.

Veut-on renégocier en compagnie des tenants du non dans d’autres pays européens ? Haider en Autriche ? Le PDS et les Bavarois conservateurs en Allemagne ?

 

Une chose est sûre : de hautes personnalités britanniques très liées à Monsieur Bush ne se sont pas cachées d’annoncer qu’elles se réjouiraient de la victoire d’un non au référendum français. Une crise dans la construction européenne leur donnerait les mains libres pour mener sans aucun contrôle, et pendant des années, une politique très, très libérale !

Quelles armes aurions nous face à une telle politique ? Quasiment aucune sans le cadre constitutionnel proposé.

 

Les avancées existent. Des groupes dépendant des syndicats et de tendances progressistes ont participé à l’élaboration des textes des deux premières parties, dans lesquelles l’affirmation des droits de l’homme, de l’égalité homme-femme, du droit au travail, du droit de grève et de bien d’autres droits ont été arrachés, parfois de justesse, mais qui figureront bel et bien dans la constitution.

Des analyses très construites menées par des personnes de diverses sensibilités (vert, centre, socialistes) m’ont convaincu, contrairement aux caricatures parfois très mensongères brandies par des partisans du non.

 

C’est un pari, bien-sûr , car l’Europe sera bien ce que nous en ferons.

On a trop tendance à ne se cristalliser que sur les points négatifs. Ces évolutions négatives liées à des traités plus contestables (Maastricht) pourront enfin être corrigées – si nous faisons ce qu’il faut bien-sûr – dans le cadre des nouveaux pouvoirs qui seront accordés (je pense aussi aux initiatives populaires).

Si nous disons non, nous risquons fort de patauger pendant des années dans des conflits politiques inextricables, en n’ayant aucun moyen de nous associer avec les autres forces politiques, syndicales, écologistes et humanitaires qui auraient pourtant eu tout pouvoir de construire ensemble une Europe plus juste.

Je pourrais encore en écrire des pages, pensant à tous les financements – souvent invisibles – qui permettent aux régions de l’Europe de s’équiper, de promouvoir des énergies nouvelles, aux étudiants d’effectuer des stages ou des études dans les divers pays d’Europe… Sans parler de l’exception culturelle qui serait vraiment totalement compromise par un non, donc par une crise européenne majeure.

 

L’économie libérale existe, que nous le voulions ou non.

Nous devons l’aménager et la canaliser pour éviter les dérives catastrophiques que nous connaissons actuellement.

Ne la laissons pas s’engouffrer dans la brèche d’un non.

Un non compréhensible, mais un non insuffisamment réfléchi. Un non finalement irresponsable.

 

Dimanche 29 mai 2005, en toute conscience, je voterai OUI  !

 

Christian Rau, Saint-Egrève, le 23 mai 2005

 

 

 

Des coups de colère !    

 

Les coups de colère font partie de ma nature, si calme en apparence.

 

En cette fin d’année 2004, je dois admettre que la logique commerciale et financière régit plus que jamais notre monde, et que nous autres enseignants, avons bien peu de poids face à aux détraqués qui règnent en maîtres sur les médias.

L’énergie que j’ai investie dans mon métier ces derniers mois m’a ôté le temps nécessaire à la rédaction d’une analyse posée de la situation. A l’heure où une réflexion est menée sur un « socle commun de connaissances » à acquérir avant la sixième, je m’aperçois qu’on continue de privilégier l’ordinateur comme un but en soi dès le plus jeune âge. (et non comme un outil dont l’indispensable maîtrise sera plus tard validée par notre « B2i », une excellente initiative de l'Education nationale !)

Résultats, à vivre quotidiennement dans la réalité du Collège :

des élèves qui cliquent partout sans prendre le temps de lire ce qui apparaît sur un écran, et qui prennent pour argent comptant (l’expression est de mise…) tout ce qu’on trouve sur nos chers écrans, au détriment de ce qu’on trouve dans les livres.

Des élèves qui, dans leur grande majorité en sixième, ignorent ce qu’est une règle de trois, ignorent qu’un mètre est égal à 100 centimètres, qu’un kilomètre est égal à 1000 mètres… et auxquels on va demander par ailleurs (Sécurité routière) de calculer une distance de freinage d’un véhicule !

Des ordres de grandeurs totalement incompris, alors que la recherche de chiffres est exigée dans des exposés de toutes matières…

Des repères historiques faussés : dans le cadre d’un IDD sur des seigneurs du Moyen Âge, des élèves de 5ième ont tranquillement imaginé leur seigneur en train de téléphoner…

Un "bon" élève de 4ème m’a demandé ce que voulait dire « satisfaction »…

Quand on voit la difficulté des épreuves de sélection qui attendent les futurs étudiants, que de vides de connaissances de base à combler …

Ne parlons pas de la discipline et de la faculté d’écoute de nos petits sixièmes : un cauchemar cette année pour tous leurs professeurs sans exception. Rien ne leur fait peur. Un conditionnement par des radios et télévisions totalement irresponsables, sachant que nous sommes là – comme toujours – pour réparer les dégâts d’une société qui fuit ses responsabilités !

En un trimestre, prise en mains bien modeste a pu être obtenue, mais au prix de quelle fatigue. Si la situation continue d’empirer (ce qui est déjà annoncé pour l’an prochain…) qui dans quelques années acceptera encore le métier d’enseignant ? A moins de nous attribuer un rôle d’assistant pédagogique de logiciels… un rouage de plus vers une robotisation de la jeunesse qui n’en sera que plus docile face au nouvel ordre du monde ?

Voir aussi  mon coup  de colère précedent sur les "Dangers de l'AAO"

 

C. Rau, le 29/12/2004

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Des dangers de l’AAO*,                                                       Texte revu en mars 2004

ou De l’urgence d’un grand débat de société

*analphabétisation assistée par ordinateur…

 

 

Quand reconnaîtra-t-on enfin les dangers, dans une société en perte de repères, d’une utilisation trop précoce - et trop aléatoire - d’une informatique jetée en pâture à nos enfants sans réflexion préalable et sans préparation ? L’utilisation de cet outil, devenu pratiquement indispensable, demande pourtant beaucoup de réflexion, de l’organisation, de la responsabilisation, une éducation préalable, et surtout un cadrage !

L’informatique doit cesser d’être une fin en soi.

Savoir « cliquer » sur un lien ou une touche clignotante n’a rien de l’intelligence. Cette action relève tout au plus du développement d’un réflexe automatique, d’un conditionnement qui – intervenant dès le plus jeune âge -  pourrait menacer de robotiser peu à peu l’être humain en l’asservissant.

 

Nous avons pourtant entre les mains un outil merveilleux qui peut, et qui doit, (s’il est utilisé correctement) être un prolongement de notre intelligence, permettant de réaliser des opérations que nous ne savons pas faire, que nous ne pouvions pas faire par le passé, ou dont nous avons peut-être parfois perdu la maîtrise.

Quand je vois ce que le graphiste et sculpteur néerlandais M.C. Escher a été capable de concevoir et de produire en son temps, sans recours à l’informatique, et ce que l’on a tenté d’imiter avec les moyens sophistiqués actuels, je pense que l’ordinateur aura bien du mal à nous faire égaler le savoir-faire créatif d’un tel génie.

Conditionner l’enfance dans un monde de clics et d’images virtuelles me semble constituer une dérive bien préoccupante du pouvoir informatique. Pourtant, les utilisations indéniablement positives de ces technologies ne manquent pas, Informatique documentaire, Conception ou  Production Assistée par Ordinateur, programmes infiniment compliqués embarqués dans les lanceurs et sondes spatiales, reconstitution de chefs d’œuvres architecturaux du passé (en trois dimensions),  modélisation de phénomènes atmosphériques…

L’informatique n’a pas fini de nous étonner, et elle est en cela tout à fait indispensable. Il est donc normal qu’elle séduise. Ce n’est pas l’informatique que j’accuse. C’est son utilisation souvent discutable.

Des parents se culpabilisent s’ils n’offrent pas une console de jeux vidéo ou un ordinateur à leur enfant : il ne faut surtout pas que l’enfant se sente « à part » de cette évolution technologique, donc frustré par rapport aux autres ; il faut qu’il clique comme les autres pour « développer sa personnalité »  ( ah! bon ?) Je me demande si des images pré mâchées - aux couleurs souvent criardes - peuvent développer la personnalité…

Résultat tangible dont je dois faire les frais quotidiennement à mon travail (le CDI d’un Collège) : des élèves incapables de retenir leur attention, qui vous regardent avec des yeux hagards (parfois ceux des bovins regardant passer un train), qui cliquent sur tout ce qui bouge et veulent « faire de l’ordinateur », « aller sur internet ». Pour quoi faire ? Ils ne le savent pas, mais ils le « font ».

Ils s’imaginent, en plus, tout savoir, puisque l’image de l’ordinateur est censée être une image de vérité, bien davantage que les images que nous aimerions les aider à construire dans leur esprit. Je le constate chaque jour : une information (ou une définition) lue sur internet leur paraît revêtir plus de valeur qu’un livre documentaire, qu’un article de périodique ou d’encyclopédie !

 

Les recherches dans le dictionnaire sont bien fastidieuses, alors que l’écran vous offre une réponse toute digérée. A peine l’écran est-il là que l’on est prêt à l’imprimer avant même de l’avoir lu !  Le cas échéant, on reste actif en recherchant frénétiquement une case virtuelle sur laquelle on va pouvoir cliquer. Les exposés vont bientôt revenir à la simple impression de pages internet qu’on ne prend même pas le temps de lire et de comprendre. Et certains de s’extasier : mais c’est très bien ! En voilà un beau travail. Allez, les autres, allez sur internet, faites-nous vous aussi un beau dossier ! (pré mâché…). De ce point de vue, il est bien évident que de nombreux enseignants ont aussi besoin d'une formation  solide  sur le bon usage des TICE....

 

Les images ne sont pas lues : elles sont consommées. 

On va sur le site de Nike pour faire défiler des paires de chaussures, sur le site de Fun Radio ou de Skyrock pour retrouver les inepties à la mode, qui permettent de « s’affirmer ». On veut y retrouver les vedettes construites sur le « fric facile », comme celui qu’on gagnera sans doute à ne rien faire, pense-t-on… 

Si on ne réussit pas, c’est de la faute aux professeurs et au système scolaire qui est « incapable de s’adapter »

S’adapter, d’accord mais  s’adapter à quoi ?    S’adapter à « ça » qu’on appelle la « culture », et que plus personne - même les intellectuels "soixante-huitards" (attardés...) - n’ose remettre en question, puisque c’est l’évolution dite « normale » de la société et qu’ils risqueraient de traumatiser leur progéniture en s’opposant à ce conditionnement si épanouissant… C’est si facile de laisser les enfants se débrouiller avec « ça » pour être tranquille et se donner bonne conscience. Je ne peux m’empêcher de qualifier cette démission (c’est une démission ! ) de comportement irresponsable.

Les applications merveilleuses de l’informatique existent pourtant au service de l’éducation, dont l’une des plus performantes concerne la circulation de l’information et des idées, et la recherche documentaire.

Encore faut-il pour cela maîtriser le langage, le mot tout simplement, et ses règles (le respect par exemple) ce qui est loin d’être le cas.

Il suffit d’observer des échanges de courrier sur « mékefer » (Mômes.net) pour constater les dérives du langage et de son contenu ! On ne peut que s’arracher les cheveux en pensant au travail que les collègues professeurs de français – parmi les plus dévoués – doivent fournir pour apprendre à ces mêmes élèves à s’exprimer dans un français correct. Une collègue m’a rétorqué récemment qu’un élève savait bien dans quel registre il se trouvait et que par conséquent ce n’était pas gênant. Certains élèves sont certainement capables de cette distinction, mais je n’ai aucun doute là-dessus : il sont une minorité. Chez les autres les dégâts sont bien réels.

D’un côté l’école cherche à créer des repères. De l’autre, l’utilisation anarchique de l’internet et du courrier électronique peuvent détruire ces mêmes repères, ou les empêcher de se constituer !

Si l’éducation est condamnée à se réduire bientôt à de tels comportements, à de tels égarements, et que tout le monde s’en contente, je préfèrerai (si je le peux) renoncer à mes missions et exercer un autre métier.

 

Tout progrès technique n’est pas obligatoirement une victoire sur le Progrès. Qu’on ne m’accuse pas de refuser le progrès, car je connais suffisamment l’informatique pour avoir suivi et accompagné depuis plus de vingt ans les divers perfectionnements des logiciels documentaires, bases de données et recherches en ligne, et je maîtrise de mieux en mieux la gestion et le traitement de l’image numérique. Si j’ai pu me former à ces techniques - en grande partie en autodidacte - c’est parce-que je possédais au préalable la maîtrise de l’écriture, les méthodes de recherches classiques, le dessin, la photo, le geste aussi…

J’ai eu l’occasion de montrer comment tirer parti de l’image numérique pour saisir des ambiances, des couleurs, pour faire passer un message. Tout ceci ne peut se faire cependant que dans la foulée d’une éducation au « savoir voir », qui ne s’acquière qu’après un certain entraînement, en s’éloignant de toutes ces constructions virtuelles qui viennnent brouiller la perception des réalités.

 

Cette éducation à l’image est un préalable à la maîtrise des nouvelles technologies de l’image. Le traitement de texte, internet, les messages électroniques, peuvent être autant de vecteurs de notre intelligence si celle-ci s’est - avec nos perceptions - développée et aiguisée au préalable. C’est alors - et alors seulement - qu’on apprécie le progrès dans ce qu’il peut réellement nous faire progresser, en nous apportant des libertés supplémentaires !

 

Arrêtons de mettre la charrue avant les bœufs et de faire de ces conquêtes technologiques une fin en soi, sans se donner les moyens de les maîtriser et de les faire maîtriser pour ce qu’elles apportent de meilleur.

Réveillons-nous ! L’Education Nationale doit enfin pouvoir mettre le nez dans les phénomènes de mode, la commercialisation de la culture, l’irresponsabilité de trop nombreux parents et le détournement d’un progrès technique à des fins mercantiles et avilissantes, et non s’y « adapter » passivement en les intégrant sans discernement.

 

L’éducation exige des bases solides :

savoir lire, savoir écouter, savoir respecter, savoir apprendre, savoir voir et savoir faire, avant d’utiliser pleinement les possibilités créatrices des Nouvelles Technologies.  Les établissements scolaires ne doivent pas être le lieu où l’on passe son temps à panser les plaies d’une société malade sur laquelle l’Education Nationale n’aurait pas son mot à dire.

La liberté doit-elle tout digérer pour s’affirmer ? Doit-elle digérer des conditionnements télévisuels incitateurs de violence, ou encore de l’expression irrespectueuse d’autrui (le langage Skyrock ou Funradio, l’incitation à l'infidélité etc. ) ? Doit-on, au nom du progrès, accepter sans réserves la télé « poubelle » ? Le voyeurisme ? La dictature de l’argent ? Pourquoi pas le reniement de notre propre existence ? Que ferons-nous lorsque nous aurons devant nous une génération de jeunes robots humains capables de gober tout ce qu’on leur assène ? Les jeunes sont-ils conçus pour être de simples rouages d’une machine économique débridée que nous refusons de contrôler ?   Où sont les commissions d’éthique ? 

Mais je m’égare en abordant là – au-delà des clivages politiques traditionnels – un véritable débat de société

Sommes-nous enfin prêts à le lancer ?

 

Christian Rau, le 8 novembre 2003

(début du débat sur l’avenir de l’école…)

texte revu et modifié le 6 mars 2004

Peu de réactions à noter à ce jour. 

Quelques personnes semblent partager mes craintes. 

Des collègues ont imprimé ce texte, et apparemment approuvé, sans pour autant réagir. J’ai argumenté certaines réactions depuis mon premier texte, sans en changer la substance. 

Je persiste et je signe et il n’est pas trop tard pour me faire part de vos remarques, suggestions, désaccords. 

 

Si vous approuvez ces réflexions, merci de bien vouloir les diffuser en envoyant en « lien » l’adresse de cette page.

 

 

 

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Changement de millénaire

(faut-il en rire ?)

 

(signes des temps ?

pour ma part je préfère les cygnes d’étangs…)

 

Une famille s'apprête à fêter l'An 2000 : "Tu vas voir, c'est génial, on va s'éclater !

Achat de plats superflus, d'huîtres douteuses (gastro garantie), de vins de renom pour faire semblant d’être un œnologue de premier rang,  quand ce n’est pas la dernière piquette millésimée 2000…

Achat d'un téléphone portable pour pouvoir prévenir toute la famille que l’autobus va avoir 3 minutes de retard (c’est absolument horrible !) – Coût : officiellement : un franc. (Hors communications… mais l’écran et ses gadgets suffisent peut-être ? Pour le reste : attendre les factures (numériques…) !

Achat d'un « multimédia » avec internet... pour jouer au "solitaire"... et « t’chater » (coman sa va ? il fé tré bo…) coût : 12 000 F

Visite d'une station de ski gonflable au Palais de Chaillot : le commentateur de "radio-bogue"

"mais on attend encore 500 tonnes de neige, actuellement  bloquées par les intempéries dans les cols des Pyrénées...  (NB : je n’invente rien !)

 

Enfin, on oubliera un moment les guerres, la grève des transports, la nouvelle tempête dévastatrice, la marée noire, le SIDA et le dernier « bogue » :

une arrière grand-mère de 104 ans a été convoquée à l'école maternelle (ou pour une vaccination infantile... )

 

En ce 1er janvier 2000,  on est exténué, malade, déçu, endetté, découragé, mais ça ne fait rien :

Commentaire à la télé :

 « Fête inoubliable... mais il faudra remettre ça l'an prochain, car mathématiquement, la fin du millénaire, c'est le 31 décembre 2000 !! »

 

(...)

CR

 

 

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La route "in"                    

 

La route s'allonge. Dans les virages, la lumière blafarde des phares me saoûle.

Tels des requins derrière leurs rémoras, des voitures collent l' arrière train des véhicules qu' elles suivent.

Elle semblent puiser leur énergie dans le pot d' échappement qui les précède.

S' il reste un espace de libre devant moi : vite, elles le comblent : c'est que l' asphalte est chère !

Soudain, elles bondissent  pour doubler nerveusement  l' obstacle qui leur fera perdre quelques secondes sur le trajet. Calmement, posément, je les rejoins au carrefour suivant. 

Quelques secondes d'avance valent-elles une vie détruite ?

Une conduite "macho" est-elle preuve de bon sens ?

Tout est fait pour les brutes.:

La pub et ses femmes putes

Prêtes à s'acheter un homme pour s' acheter une conduite.

Les airbags pour les riches et la caisse renforcée pour foncer comme un tank, tuer sans se tuer.

C' est le fric qui protège

Les pauvres n'ont qu'à s’ ranger s'ils ne veulent point périr.

Sécurité routière ? Sectarité grossière !

Place aux "surhommes " et aux "superwomen"...

Le cylindre est roi, la bagnole fait le Prince.

Que le plus malin gagne ! On prévient : gare aux flics !

Entre tueurs, faut s' défendre : solidarité des chauffards ! L'appel de phares a remplacé celui du 18 juin !

Accident grave ? " Mais c'est l'destin , voyons ! ", ou la faute à l' Etat...

Faut renforcer les routes comme le circuit du Mans.

Pas le droit d' hésiter, de s' promener, de vieillir :

même les handicapés n'ont qu' à bien se tenir !

 

Faut s' blinder, on sait bien ...

C. R.   -   Octobre 1996

 (en revenant de Beaurepaire…)

                                  

 

A cet inconnu

 

A cet inconnu qui,

toute douleur enfouie,

patiemment, gentiment,

soupèse ses journaux qui chantent la misère,

demande un peu d' argent

pour adoucir sa vie

et celle des sans abri...

 

Immensité du magasin

Et l' air pressé des acheteurs

Anniversaire de grande surface

Publicité dans toutes les boîtes

L' ach'teur de boîtes n' a plus de coeur :

une boîte à la place du coeur

L' économie remplace l' esprit

Le miséreux bien sympathique

Qui tous les jours fait le pied de grue

A l' entrée du grand magasin

En vain cherche un mot, un sourire

Sur le visage des gens pressés...

 

Pressés de découvrir

La promotion, l' offre du jour

Mais sûrement pas l' amour

Du prochain sans-amour,

Du prochain sans abri

Du prochain sans le sou

 

Un geste, un petit geste

N' est pourtant pas grand chose

Pour celui qui le donne

Mais un geste apprécié

Par celui qui n' a rien,

Rien que le désespoir

D' avoir perdu sa place

 

Dans une société

Dont la règle est : gagner

Gagner à perdre haleine

Gagner les poches pleines

Même des "achats gagnants"

Sont possibles à présent

Pour un pouvoir d' achat

Qui ne veut plus rien dire

 

Trop soucieux de ses comptes

On ne se rend plus compte

De ce que nous racontent

Tous ces laissés-pour-compte...

 

 

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